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Comment encourager la participation des femmes au dépistage du cancer du sein via la plateforme Mon espace santé ?

  • Report
  • 5th Mar 2024

Ce projet a été réalisé en 2022-2023 dans le cadre d’un accord-cadre avec la Direction Interministérielle de la Transformation Publique (DITP). Nous avons accompagné l’équipe sciences comportementales de la Direction Interministérielle de la transformation publique (DITP) sur sollicitation de la Délégation du Numérique en Santé (DNS) et la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) pour les aider à mieux comprendre le potentiel d’impact de la plateforme Mon Espace Santé pour encourager un parcours de prévention.

Dans le cadre du déploiement de Mon Espace Santé (MES), la DNS et la CNAM ont souhaité explorer son potentiel pour encourager les comportements de prévention en santé. La mission comportait deux phases clés : (1) la création d’un guide d’utilisation des sciences comportementales pour promouvoir la prévention sur les plateformes de santé digitales, et (2) la conception et l’évaluation d’une intervention comportementale pour encourager le dépistage du cancer du sein chez les femmes de 50 à 74 ans via Mon Espace Santé.

La prévention du cancer du sein a été choisie comme sujet d’étude en raison de son potentiel d’impact important, notamment au vu du faible taux de participation en France (moins de 50% entre 2021 et 2022). Afin d’identifier les freins à ce dépistage, nous avons mené une enquête en ligne auprès de 2394 femmes et organisé des groupes de discussion impliquant 25 participantes. Les résultats montrent : 

  1. Une peur du dépistage : Près de la moitié des femmes participantes à notre enquête ont exprimé une angoisse à l’idée de se faire dépister. Elles attribuent le dépistage à un événement qui révélerait la maladie plutôt que de la prévenir. Certaines ont également mentionné une peur liée à la procédure elle-même.
  2. Une remise en question de l’efficacité du dépistage : Seulement deux tiers des femmes interrogées estiment que le dépistage augmente « largement » les chances de détecter un cancer à un stade précoce. De plus, près de la moitié (44%) sous-estime les chances de guérison en cas de détection précoce.
  3. Un problème de passage à l’action : Bien que 90% des femmes déclarent avoir l’intention de se faire dépister, les raisons les plus citées pour expliquer l’absence de dépistage sont la procrastination, l’oubli et le manque de temps, suggérant un problème de « passage à l’action » plutôt que de motivation.

Face à ces obstacles, plusieurs pistes d’interventions apparaissent prometteuses :

  1. Encourager l’implication du cercle social : l’implication des amis et de la famille dans les discussions autour du dépistage peut permettre de rassurer les femmes et d’alléger leurs appréhensions.
  2. Éviter les discours alarmistes et mettre en avant les avantages d’un dépistage : plutôt que de se concentrer sur les risques liés à la maladie, mettre en avant les avantages du dépistage précoce est crucial. Informer sur son efficacité et son impact positif sur les chances de survie peut aussi permettre de dissiper le scepticisme.
  3. Simplifier le passage à l’action : faciliter les démarches est essentiel. Faciliter le process de réservation en ligne ou mettre en place des rappels automatisés et personnalisés peuvent simplifier le parcours de dépistage.

Les plateformes comme Mon espace santé, assurant le lien entre les patients et les médecins, peuvent jouer un rôle clé pour promouvoir un dépistage plus systématique du cancer du sein en France.

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